Quand on parle d'art en dehors de la modernité européenne il faut se garder des projections anachroniques. Aujourd'hui l'art sous entend une intention artistique dont la présence aux temps et lieux éloignés est purement spéculative. L'introduction d'une hypothèse d'art inconscient ou involontaire est une façon de contourner cet anachronisme. Deux mutations principales ont marqué l'émergence du concept d'art :
une certaine réification qui a déplacé l'emphase de l'activité vers le produit: l'art est de nos jours plus un produit qu'un savoir faire
En Grèce antique le mot technè dénotait les activités soumises à certaines règles et, selon le point de vue contemporain, confondait savoirs, arts et métiers. Il est bien évident qu'on ne peut faire correspondre les Muses avec les arts tels qu'on les a conçus bien plus tard. Une divergence essentielle apparait quand on se rend compte que la poésie, art paradigmatique s'il en est, n'entrait pas dans la catégorie technè. Rétrospectivement on observe l'ébauche d'une problématique esthétique (autre anachronisme) chez Platon (Ion, Hippias majeur) ou Aristote.
La civilisation romaine n'a guère avancé dans conception d'un domaine de l'art distinct des savoirs et métiers bien que Cicéron et Quintilien y aient contribué par la réflexion.
La vue qui s'est imposée jusqu'à la fin du Moyen Âge avait ajouté à l'idée de règle la considération de l'effort requis dans ces activités. Selon ces vues, héritées de Galien, on distinguait arts libéraux et mécaniques. Le plus souvent seuls les premiers sont visés par l'emploi du mot non qualifié ars, mais on est encore bien loin du sens contemporain. L'astronomie était un art 'libéral' tandis que le spectacle de 'theatrica' restait un art 'mécanique'.
Ce n'est que vers la fin de ce qu'on appelé « la Renaissance » que le sens familier du mot art commence à se dégager. Non seulement les sciences s'en séparent, mais par la découverte des règles de la perspective l'aspect visuel de toute chose devient une préoccupation dont l'importance ne cessera d'augmenter.
Toutefois c'est au siècle des Lumières que la notion d'art communément admise a été établie. Partant des réflexions plus ou moins philosophiques sur les sens et le goût une conception basée sur l'idée de beauté finit par s'établir. Avec Emmanuel Kant l'esthétique acquiert son sens propre d'une théorie l'art et le mouvement romantique en donne les exemples paradigmatiques. À cette époque l'idée d'une observation de règles passe au second plan tandis que l'intention artistique devient primordiale. Toutefois une forte institutionnalisation de l'art en musées, expositions et académies endigue pour quelque temps le dérèglement total.
Mais le XXe siècle, par ses pratiques et ses idéologies, remet en question tout ce qui avait pu être retenu au siècle précédent. Il en découle deux conséquences majeures :
On se contente de donner des listes plus ou moins complètes en notant ce que à la suite de Wittgenstein on appelle des ressemblances familiales : l'art est un ensemble de pratiques et de leurs résultats qui partagent un certain nombre de traits mais aucun d'eux n'est universel.
La liste classique des arts, tels qu'on les concevait au XIXe siècle, continue de servir de référence. Elle indique que les principaux arts sont au nombre de six : architecture, sculpture, peinture, littérature, musique et danse.
À partir d'eux par combinaison ou par prolongement on parvient à une liste plus exhaustive qui peut inclure par exemple l'opéra, le cinémaphotographie, la bande dessinée (9e art), etc. ("septième art"), la photographie, la bande dessinée (9e art), etc.
Source: Wikipedia
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